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Hebdo N°06 - Vendredi 08 février 2019

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Actualités de la filière

Rubriques

biocarburants argentins




Le Copa et la Cogeca demandent à la Commission de surveiller étroitement l'accord d'engagement sur les prix concernant les biocarburants argentins importés et de le révoquer à la première infraction

Le Copa et la Cogeca se félicitent de l'approbation par les États membres de l'UE du paquet de mesures antisubventions de la Commission contre les importations de biodiesel argentin lors de la réunion du comité de défense commerciale du 30 janvier. Néanmoins, l'approbation d'un quota d'importation de 1,2 million de tonnes lors de la même réunion, dans le cadre d’un accord d'engagement sur les prix entre l'UE et l'Argentine, reste une source de préoccupation pour le Copa et la Cogeca.

Les organisations européennes des agriculteurs et des coopératives saluent le fait que l'UE et les États membres considèrent les taxes différentielles à l'exportation (DET) argentines comme une pratique de subventionnement faussant la concurrence et ont voté en faveur de l'imposition de droits compensateurs antisubventions afin de rétablir une situation de concurrence équitable.

Toutefois, le Copa et la Cogeca sont sérieusement préoccupés par les quotas d'importation prévus par l'accord d'engagement sur les prix adopté dans le paquet, qui permet à l'industrie argentine d'exporter 1,2 million de tonnes de biodiesel sur le marché européen à un prix d’importation minimum. Les volumes de biodiesel argentin importés dans l'UE sont passés de zéro à 1,2 million de tonnes depuis septembre 2017. En effet, les mesures antidumping appliquées depuis 2013, afin de se conformer à une décision de l'OMC, ont été abaissées par la Commission à un niveau où elles n’offrent plus de protection. Cette situation est préjudiciable pour les producteurs européens de colza et l’industrie européenne du biodiesel.

Étant donné que les biocarburants à base d'oléagineux et de cultures agricoles sont strictement plafonnés en vertu des Directives de l'UE en matière d’énergies renouvelables, le fait d'offrir 10% du marché européen du biodiesel aux importations argentines pourrait priver le biodiesel européen à base de colza d'un débouché important, qui est essentiel aux producteurs européens d'oléagineux.

Selon Pekka Pesonen, Secrétaire général du Copa et de la Cogeca, « la concurrence loyale entre les secteurs argentin et européen du biodiesel doit être rétablie, de même que la marge bénéficiaire pour les producteurs européens d'oléagineux, en particulier à un moment où l'UE débat de sa stratégie sur les protéines végétales. Nous demandons à la Commission de suivre de près la mise en oeuvre de l'accord d'engagement sur les prix. En cas de rupture de l'accord par l'Argentine, nous demandons le retrait immédiat de l'accord et l'application du taux général convenu de droits compensateurs de 30 % à toutes les importations de biodiesel en provenance de ce pays. »

Journée mondiale

des légumineuses



Développer les légumineuses en Occitanie : co-construction d'une filière régionale pour un modèle agricole rentable, durable et responsable.
Cap sur les 200 000 hectares en 2030

Azuki, kabuli, fèves, pois, lentilles, etc., elles sont vertes, rouges, noires, se consomment à midi, à l'apéritif, au petit déjeuner et même en dessert. Ce sont les légumineuses, et elles s'apprêtent à envahir vos assiettes. D'ici 2030(1), la demande mondiale en protéines végétales devrait augmenter de 43%. Dans ce contexte, une initiative stratégique est prise par les acteurs d'Occitanie : le projet FILEG.
FILEG se donne pour pari de faire émerger une filière de production et de valorisation des légumineuses à graines à l'échelle du territoire Occitanie. L'objectif est ambitieux : pouvoir répondre, à l'horizon 2030, à un enjeu de création de valeur pour l'agriculture régionale, dans une logique de répartition équitable de cette valeur entre tous les acteurs, et d'engagement des exploitations et des filières dans la transition écologique. Concrètement, il s'agit de doubler les surfaces cultivées de légumineuses pour passer des 100 000 hectares aujourd'hui, à 200 000 hectares en 2030. L'enjeu est aussi de créer des gammes de produits fortement ancrées dans le patrimoine gastronomique régional. Pour cela, les 9 partenaires de ce projet(2) travaillent à la mobilisation de tous les acteurs.

Une enjeu clef pour une agriculture et une alimentation durable

Au cœur de ce projet, on trouve un bouquet de cultures aux nombreux bienfaits pour l'Homme, les animaux et la nature : soja, pois protéagineux, féverole, lupin, lentille, pois chiche et bien d'autres. Ces cultures jouent un rôle essentiel pour répondre aux grands défis du 21e siècle : sécurité et équilibre alimentaire, agriculture durable, biodiversité, réduction d'intrants, gestion des sols, gestion de l'eau, adaptation aux changements climatiques, etc. Riches en protéines, fibres et faibles en calories, les légumineuses participent à l'équilibre alimentaire. Faible consommation en intrants, cultures de rupture dans les rotations, gain de rendements pour les céréales, fertilité des sols..., les légumineuses sont aussi de plus en plus recherchées par les agriculteurs pour leurs bénéfices agronomiques et environnementaux. Recherchées, car elles disposent d'une propriété exceptionnelle : la capacité à fixer l'azote de l'air en s'associant à une bactérie. Nul besoin d'engrais azotés pour produire. Elles contribuent aussi à diminuer les émissions d'un gaz à effet de serre. Véritable « clé de voûte » à la fois d'un modèle agricole durable et responsable et d'un modèle alimentaire équilibré, les légumineuses sont bonnes pour la planète et la santé.

Créer de la valeur pour tous les acteurs

Agriculteurs, semenciers, coopératives, négoces, entreprises de transformation et de distribution, consommateurs, pouvoirs publics, etc., la mobilisation de tous les acteurs est en cours pour construire cette filière durable et responsable en Occitanie. La filière régionale veut se démarquer : elle doit être différenciante pour un rayonnement national et international et créatrice de valeurs (économique, environnementale, patrimoniale, sociétale...) à la fois pour l'alimentation humaine et l'alimentation animale. Pour cela, FILEG mise sur la coopération : par des processus de travail innovants fondés sur la co-intelligence, les acteurs de l'amont et l'aval de la filière sont amenés à acquérir une meilleure connaissance des besoins et attentes de chacun, et à partir de là, à co-construire une vision stratégique pour l'avenir. Un projet qui fait écho à l'une des orientations des États Généraux de l'Alimentation : l'organisation de filières territoriales créatrices de valeurs. La première étape de ce projet est d'identifier et d'analyser les verrous et les leviers dans de nombreux domaines : génétique, production, agronomie, transformation, commercialisation et consommation. A l'issue de ce premier travail, les partenaires, avec l'aide des acteurs de la R&D, présenteront en juin 2019 un modèle de gouvernance et une feuille de route pour la mise en œuvre de cette filière régionale.
 
Convaincus que les légumineuses à graines ont un rôle majeur à jouer dans la transition agricole, le développement économique des territoires ruraux et qu'elles présentent de forts potentiels d'innovation favorables à un ancrage durable dans le patrimoine gastronomique de la Région Occitanie, les partenaires qui portent cette initiative inédite, comptent à présent sur l'engagement des acteurs du territoire pour « transformer l'essai » et faire de la filière légumineuses d'Occitanie, un fleuron de l'économie locale.